TÉMOIGNAGE DE FRANÇOISE

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Françoise, ma « copine de fous rires » à l’atelier d’origami, nous livre ce précieux témoignage où son optimisme et son caractère battant nous donnent une leçon de vie qui vaut le coup d’être pleinement vécue…  

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Prénom : Françoise

Âge : 62 ans

Type de Cancer diagnostiqué
multimétastasé 

Pouvez-vous vous décrire en quelques mots ? Quel type de personnalité êtes-vous ?

Divorcée depuis quelques années, une fille et 2 petits enfants, sans oublier un petit chien, chihuahua qui répond au doux nom de Lutin, et qui lui va comme un gant.

C’est mon 2ème cancer, le premier date d’il y a 17 ans, cancer du sein avec opération, rayons, hormonothérapie (tamoxifène pour ne pas le nommer pendant 5 ans).

Je me considère comme une battante, je suis optimiste, j’avoue un peu bavarde et toujours ravie de faire de nouvelles rencontres toutes aussi enrichissantes les unes que les autres.

Délaissée par la majorité de ma famille et ex belle famille et aussi une grande partie de mes soi disant amis, En fait j’ai éliminé tous les gens négatifs autour de moi et le peu de personnes qui sont fidèles sont toujours là pour moi, merci mes 2 meilleures amies et ma fillotte, Quelques autres qui sont bien et que j’aime rencontrer pour passer des moments sympa le temps d’un café, d’une activité manuelle….

Quel est votre traitement actuel ? / Quel(s) a (ont) été votre (vos) traitement(s) ?

Ce 2ème cancer a été diagnostiqué il y a 3 ans, une première série de chimio qui a pu éradiquer la majorité de ces méchants petits crabouilles mais plus possible de chimio sinon c’est le cœur qui trinque, et on en a bien besoin de celui là, hormonothérapie pendant quelques mois mais pas assez agressif donc on repart sur de la chimio orale avec hormono, mais bien que ce traitement était efficace, revers de la médaille, a donné une inflammation au niveau des poumons, on arrête et on reprend une hormonothérapie, mais on se retrouve dans le même cas de figure d’il y a quelques mois, les cellules progressent, arrêt et nouvelle chimio orale avec bloqueur d’hormones, mais, oui encore et toujours un mais, cette molécule ne me convient pas, donc je vous laisse deviner, on arrête et depuis quelques jours, nouveau traitement, nouvelle molécule, nouvelle chimio, nouveaux espoirs, nouvelle adaptation au médicament, je repars non pas à zéro mais presque.

Quel est le plus difficile à accepter dans la maladie?

Tous les 3 mois depuis 3 ans, je passe un tep scan, examen où on injecte dans le corps un produit radioactif pour pouvoir situer la quantité, la position et l’importance des cellules cancéreuses, à chaque fois, même si je sais pertinemment que tout est joué à l’heure de cet examen, j’ai une angoisse plus ou moins forte selon l’état dans lequel je me trouve.

Les effets indésirables sont souvent difficiles à supporter bien sur, les effets sont différents selon les personnes, pour ma part la fatigue est présente 24 h/24 h, problèmes de coliques, de diarrhée (d’où méga organisation avant un rendez vous ou simplement pour faire des courses)

Et pour le dernier tep scan, grosse déception car toutes les cellules ont augmenté de volume, ce qui veut dire que les molécules ne m’ont pas convenu, d’où dépense d’énergie, d’espoir, subi les effets indésirables, le sentiment d’avoir perdu plusieurs mois, on encaisse, on relativise et on se dit que le prochain traitement sera le bon…

Avez-vous ou aviez-vous des rituels pendant les traitements afin de les supporter au mieux au quotidien et réduire ou alléger les effets secondaires ?

Non pas vraiment, beaucoup de repos, se faire des petits plaisirs, ne plus se référer à la vie d’avant, c’est un nouveau tome qui s’ouvre et il faut privilégier la qualité de vie, ne plus se prendre la tête parce que le chiffon n’a pas été passé sur les meubles…

La maladie affecte la vie de couple, familiale et sociale. Partant de ce constat, qu’est-ce qui vous manque le plus au quotidien ?

Ce qui me manque le plus, étant seule, c’est une personne qui me prenne dans ses bras, qui s’occupe des choses courantes de la vie qu’on n’a pas la force ni l’envie de faire, je ne parle pas des vrais amis qui répondent présent quelque soit le moment de la journée où qui déboulent chez vous si vous n’avez pas donné de nouvelles depuis la veille

Qu’est-ce qui vous aide à tenir pour lutter contre ce Crabe ? Comment gérez-vous la maladie si vous avez opté pour le « combat » ?

L’envie de vivre, le positif, mon caractère optimiste, ma confiance dans la médecine, dans la vie tout simplement.

Faire des activités manuelles, artistiques, sportives, qui permettent de mettre de côté la maladie.

Quel est votre rapport avec le milieu médical qui vous suit ? Pensez-vous bénéficier du meilleur suivi ? Quels seraient les points à améliorer selon vous ?

J’ai complètement confiance en l’oncologue qui me suit depuis 3 ans, je peux lui parler en toute confiance, lui dire ce que je ressens, elle sait trouver les mots pour expliquer clairement le résultat, le traitement…

Il y a par contre un manque d’informations sur les effets secondaires de l’hormonothérapie, c’est un magnétiseur qui m’a expliqué les chamboulements que cela provoquait (pour mon 1er cancer, pendant 5 à 6 mois, j’étais tellement mal que je pensais que la maladie avait pris le dessus et que j’allais mourir, alors qu’en fait ce n’était que les effets de l’hormonothérapie) explication donnée il y a environ 2 ans quand j’ai connu ce magnétiseur…. sachant que mon premier cancer date de janvier 2002.

Souhaitez-vous ajouter des choses ? Faites-nous part de vos émotions, pensées?

Je ne me dis pas que j’ai un cancer, mais une maladie, c’est moins négatif et comme je n’ai pas de douleur, si je n’avais pas ces effets indésirables je pourrais avoir un maximum d’énergie pour que le traitement soit efficace à 100 pour 100.

La vie vaut le coup d’être vécue pleinement, il faut donc se donner la peine de faire de belles choses, ne pas écouter ni côtoyer les personnes négatives (même si ce sont des membres de notre famille), trouver des défis, être fière de ce que vous faites, même si cela n’est pas grand chose, sourire le plus possible malgré la fatigue, la douleur, le manque de moral, savoir que pleurer est important, on ne retient pas ses larmes sous prétexte que ça ne sert à rien et qu’on est des adultes, ces larmes sont bénéfiques et nous permettent d’assimiler cette période de notre vie.

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Merci infiniment pour votre précieux témoignage
Claire – JeteCrabouille